INVESTIGADORES
HEREDIA Mariana Laura
congresos y reuniones científicas
Título:
"Laboratoires de la mondialisation : regards croisés sur les dictatures argentine et chilienne"
Autor/es:
BOISARD, STÉPHANE; HEREDIA, MARIANA
Lugar:
Toulouse, Francia
Reunión:
Simposio; VIe Congrès du CEISAL (Consejo de Investigaciones Sociales sobre América Latina); 2010
Institución organizadora:
Université de Toulouse 2 le Mirail
Resumen:
Le Chili et l’Argentine ont été des précurseurs dans l’application des recettes préconisées par l’Ecole économique de Chicago. En ce sens, ces régimes peuvent être considérés comme de véritables laboratoires de la mondialisation économique. Objet d’un consensus chez les décideurs politiques et économiques mondiaux, comme le révèle le Consensus de Washington au début de la décennie 1990, ces programmes ont été promus ultérieurement par les grands organismes financiers internationaux au rang d’exemples à suivre par tous les pays en voie de développement. Néanmoins leur genèse et leur application concrète sous les dictatures du Cône sud restent mal connues. Les premières analyses ont surtout insisté sur les similitudes entre l’expérience du Chili et de l’Argentine. Ces réflexions avaient en commun de souligner l’ampleur de la censure et la violence exercée par les Forces Armées, l’emprise des doctrines et des intérêts étasuniens sur les élites des deux pays et l’adoption de réformes très impopulaires. Mais ces facteurs essentiels dans l’explication de défis et de stratégies communes aux régimes autoritaires du Cône Sud, tendent à laisser dans l’ombre le passage entre les « idées » et les « institutions » et par conséquence à sous-estimer les différences entre pays. Trop souvent, la notion de « néolibéralisme », terme générique désignant le renouvellement des thèses économiques libérales à partir des années 1950, glisse d’un modèle historique de synthèse à un projet prémédité et conspiratif. Certes, il permet d’associer des programmes, des régions et des temporalités différentes et souligne la participation déterminante de certains cercles globalisés dans l’interprétation, la discussion et l’adoption des programmes de réformes. Cependant, ces types d’analyse présupposent, sans toujours les expliciter, trois hypothèses : l’efficacité du transfert entre les « exportateurs » et les « importateurs » des programmes de réforme, la solidarité et la préméditation des acteurs impliqués, l’unité et la cohérence des programmes. Le présent travailquestionnera ces présupposés et cherchera à comprendre pourquoi la transformation néolibérale a été plus cohérente et plus solide au Chili qu’en Argentine. Ces réflexions sont le fruit de deux recherches construites à partir d’un large corpus d’articles de presse et d’archives ainsi que d’une soixantaine d’entretiens réalisés dans chacun des pays. Cf. Stéphane Boisard : « émergence d’une nouvelle droite au Chili : autoritarisme, monétarisme et conservatisme. 1955-1983 ». Thèse de doctorat soutenue à l’Université de Toulouse 2 Le Mirail, 2001 et Mariana Heredia : « Les métamorphoses de la représentation. Les économistes et le politique en Argentine (1975-2001) », Thèse de doctorat soutenue à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, Paris, 2007.