INVESTIGADORES
GIROLA Maria Florencia
artículos
Título:
L urbanité périphérique des lotissements résidentiels sécurisés et fermés latino-américains
Autor/es:
GUÉNOLA CAPRON; MÓNICA LACARRIEU; MARÍA FLORENCIA GIROLA
Revista:
Annales de la Recherche Urbaine
Editorial:
Plan Urbanisme Construction Architecture
Referencias:
Lugar: Paris; Año: 2007 p. 79 - 87
Resumen:
Une grande partie de la littérature qui se penche sur ce que nous désignons comme des ensembles résidentiels sécurisés repose sur le suivant présupposé: les gated communities produisent une urbanité sans lien due à une exacerbation de l?individualisme contemporain des classes moyennes qui décident aller vivre dans des lotissements périurbains. D´après ce présupposé, la plupart du discours publicitaire des promoteurs, ainsi que la bibliographie spécialisée, s?intéresse à l?analyse des formes spatiales du phénomène (la clôture) plus qu?à celles des modes de vie de ceux qui font le choix d?y habiter. L?insuffisance des analyses empiriques alimente néanmoins un discours théorique sur le délitement ou l?absence d?urbanité, associant le périurbain à l?égoïsme individualiste des classes moyennes, au communautarisme et à l?entre-soi des élites, à des attitudes anti-urbaines. Cet article propose donc de confronter ce discours aux résultats empiriques d?une recherche sur l?urbanité d?ensembles résidentiels fermés et sécurisés de Rio de Janeiro et Buenos Aires et la citadinité de leurs habitants (leurs pratiques et leurs représentations de la métropole). Le développement des ensembles résidentiels sécurisés en Amérique Latine s?inscrit dans un mouvement de poursuite et d?intensification de l?expansion périphérique de classes moyennes, mais il est loin d?être exclusif des espaces «périurbains». La conception de l?individualisme portée par ces choix de vie, certes de plus en plus personnalisés, si elle repose sur une valorisation du libre-arbitre, n?est cependant pas nécessairement synonyme d?émancipation, y compris dans les milieux relativement aisés, comme le montre la vie quotidienne des femmes. L?adhésion plus ou moins contrainte aux modèles et aux modes de vie périurbains n?est pas sans conséquence sur leur sentiment de solitude, variant beaucoup en fonction des trajectoires, des activités quotidiennes des individus. Le voisinage ne construit pas ce «sentiment de communauté» fantasmé. La peur de la ville peut être plus largement une peur de l?autre qui s?inscrit dans un processus plus large d?individualisation sociale au prix d?une insécurisation aux contours flous.